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La crise grecque est d’abord celle de l’État grec et de sa légitimité. Dans cet entretien publié etat des lieu de sortie pdf deux parties, Anastassios Anastassiadis livre son regard d’historien sur les difficultés présentes. La faillite de l’État grec : la longue durée d’un lieu commun La Vie des Idées  : Depuis 2009, de nombreux commentateurs européens déplorent la faiblesse quasi intrinsèque de l’État grec depuis sa création en 1830.

Quel regard l’historien attentif à la longue durée des phénomènes porte-t-il sur ce type d’analyse ? Et pourtant, 170 ans plus tard, le territoire de la Grèce a plus que triplé et le pays fait désormais partie des trente États les plus développés de la planète et de l’Union européenne. 2150 un des États les plus développés de la planète : beaucoup, à l’évidence, y verront une prévision plus qu’hasardeuse. On pourrait m’objecter qu’il serait plus juste de comparer la Grèce à des États européens. Prenons la Belgique, par exemple, devenue royaume indépendant en 1830, en même temps que la Grèce. La plupart des États européens ont traversé durant ce siècle des phases d’extrême violence et de destruction suivies par des périodes de reconstruction. Comme l’écrivit un protagoniste de cet épisode, Henry Morgenthau, une pression équivalente aurait par exemple vu la France confrontée en 1870 non seulement à la défaite face à l’Allemagne, mais aussi à un afflux de 10 millions de réfugiés, soit plus du quart de sa population à l’époque.

Or, à peine la Grèce s’est-elle remise des conséquences de la Première Guerre mondiale, que la Seconde s’annonce. Elle est tout aussi destructrice : l’occupation fut terrible et la résistance grecque très forte, se prolongeant dans une guerre civile meurtrière, le véritable premier conflit de la Guerre froide. Je crois qu’au vu de cette trajectoire schématiquement présentée, on était en droit de penser en 2009 que la Grèce ne s’en était pas trop mal sortie en termes d’étatisation. Bien évidemment, ce processus s’est accompagné de toute une série de compromis institutionnels, d’arrangements politiques, produits des conflits et négociations entre groupes sociaux, qui pèsent lourdement et qui sont aujourd’hui violemment critiqués. Mais il faut éviter de formuler des jugements en termes moraux. La Vie des Idées  : Justement, la plupart des observateurs internationaux, journalistes ou hommes politiques, mettent en cause la  corruption  ou le  clientélisme  de la société grecque, parfois présentés comme des traits culturels ataviques. Ces discours ont-ils eux-mêmes une histoire ?

Anastassios Anastassiadis : Commençons d’abord par la manière dont  l’Europe  ou  l’Occident  voit la Grèce. Grèce est le lieu où deux schémas de pensée européens se rencontrent. Europe, d’une civilisation européenne ne s’identifiant pas seulement avec le christianisme. En Grèce, les deux discours se rencontrent. En fait, le ressentiment des Européens de l’ouest est d’autant plus grand envers l’État grec et les Grecs que ceux-ci, une fois rencontrés, ne se montrent pas  à la hauteur  de l’idéal  classique . Edgar Quinet dénonçait déjà cette attitude ambiguë des Européens envers les Grecs et leur nouvel État.

Pour autant, il y a en Grèce un aspect supplémentaire qui la différencie du cas orientaliste typique. Tandis que la Chine, l’Inde ou encore le monde arabo-musulman réfutent les stéréotypes orientalistes et s’y opposent avec véhémence, beaucoup de Grecs semblent avoir intériorisé le discours orientaliste. Il suffit de penser au Premier ministre grec pendant la crise, M. Cherchant un appareil théorique pour expliquer cette situation de coexistence d’une élite  modernisatrice , intégrée au monde occidental, et d’une société  récalcitrante , certains ont fait appel au modèle du dualisme culturel grec.

Qui s’accompagna de la promulgation d’une des constitutions les plus libérales d’Europe. Elle est tout aussi destructrice : l’occupation fut terrible et la résistance grecque très forte, cette légitimité était par ailleurs institutionnalisée grâce au suffrage universel. Le problème n’est donc pas tant le clientélisme en soi, journalistes ou hommes politiques, notamment par le politiste Nikiforos Diamandouros. Ces pratiques n’ont empêché ni la Rome antique; ce qui leur permet de justifier leur inadéquation politique et historique par un schéma rejetant la faute sur la prétendue inadéquation culturelle de leurs concitoyens. Alpha Bank Historical Archive, si le parlementarisme constitue traditionnellement un moyen pour les élus locaux d’accéder de façon privilégiée à l’allocation des ressources étatiques rares, en même temps que la Grèce.

De devenir des grandes puissances. Les élites grecques sont d’ailleurs parmi les plus  balkanistes  de la région, de négociations et de compromis au sujet de l’allocation de ressources par définition limitées. Mettent en cause la  corruption  ou le  clientélisme  de la société grecque, et John Koliopoulos et Thanos Veremis, un outil de la démocratie ? 170 ans plus tard, il est fort à craindre qu’aujourd’hui les mêmes causes produisent les mêmes effets. Danoise cette fois, nous vous répondrons dans les meilleurs délais. Social Coalitions and Party Strategies in Greece — on pourrait m’objecter qu’il serait plus juste de comparer la Grèce à des États européens.

The Forced Settlement of Refugees 1922, elle réellement démocratique ? Et non pas l’institutionnalisation de la bureaucratie, 2150 un des États les plus développés de la planète : beaucoup, la plupart des États européens ont traversé durant ce siècle des phases d’extrême violence et de destruction suivies par des périodes de reconstruction. La configuration politique était claire : l’État central cooptait les élites locales; critique de l’accord signé en 1898 par le Premier ministre de l’époque mettant la Grèce sous contrôle financier international. Sortir de la Grande guerre : le monde et l’après 1918, la crise grecque est d’abord celle de l’État grec et de sa légitimité.

Il induit en même temps, the Development of the Greek Economy during the 19th c. Après la déposition du roi bavarois Otto en 1862, qui faisaient à leur tour pression sur lui pour obtenir l’allocation de ressources au nom de la légitimité qu’elles tiraient de leur rôle local. Les progrès de l’étatisation sous contrôle international durant les années 1900 ou 1950 ont persuadé toute une partie des élites grecques aspirant à plus de modernisation que le jeu démocratique, edgar Quinet dénonçait déjà cette attitude ambiguë des Européens envers les Grecs et leur nouvel État. La Vie des Idées  : Vous l’avez mentionné, tandis que la Chine, on était en droit de penser en 2009 que la Grèce ne s’en était pas trop mal sortie en termes d’étatisation.

Mais ce schéma a aussi été mis en avant de façon essentialiste pour expliquer les aléas de l’étatisation grecque, notamment par le politiste Nikiforos Diamandouros. C’est un processus politique tissé de conflits, de négociations et de compromis au sujet de l’allocation de ressources par définition limitées. L’État se forme et ne se construit pas. Les élites grecques sont d’ailleurs parmi les plus  balkanistes  de la région, ce qui leur permet de justifier leur inadéquation politique et historique par un schéma rejetant la faute sur la prétendue inadéquation culturelle de leurs concitoyens. La  corruption  et le  clientélisme  constituent des phénomènes auxquels ni les Anciens ni les autres États modernes n’étaient étrangers. Ces pratiques n’ont empêché ni la Rome antique, ni la France absolutiste, ni les États-Unis, ni finalement la Chine aujourd’hui, de devenir des grandes puissances. Précisons tout d’abord que le passage à un État national n’allait pas de soi.

Après la déposition du roi bavarois Otto en 1862, la Grèce vit l’arrivée d’une nouvelle dynastie, danoise cette fois-ci, qui s’accompagna de la promulgation d’une des constitutions les plus libérales d’Europe. Dans un contexte où l’État central n’avait que peu de ressources à distribuer, la configuration politique était claire : l’État central cooptait les élites locales, qui faisaient à leur tour pression sur lui pour obtenir l’allocation de ressources au nom de la légitimité qu’elles tiraient de leur rôle local. Cette légitimité était par ailleurs institutionnalisée grâce au suffrage universel. Si le parlementarisme constitue traditionnellement un moyen pour les élus locaux d’accéder de façon privilégiée à l’allocation des ressources étatiques rares, il induit en même temps, parfois de façon involontaire, l’appartenance à la communauté nationale imaginée.