L alchimie et son livre muet pdf

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Par souci de discrétion, je l’effacerai dès que je vous aurai répondu. Il n’y a pas de l alchimie et son livre muet pdf réel de lui-même, objectivement posé par son en-soi naturel, sans la visée du spectateur et sa présentation personnelle. L’homme ordinaire ne sait pas ce qu’il voit.

Il croit qu’il voit, et croit qu’il agit et croit qu’il croit bien, et légitimement, parce que la réponse du monde est elle aussi emprisonnée dans la représentation d’une ignorance, à nouveau interprétée et classée dans les catégorisations d’une ignorance ignorante d’elle-même. La création artistique n’est pas plus créatrice que n’importe quelle autre perception qui  organise  la venue au monde des impressions tramées dans la rencontre d’un sujet et d’objets. Elle assume son destin, elle le veut, et la matérialité du monde ne l’égare plus. Par contre, c’est une création  compromettante  qui prend le risque de s’exposer comme telle, d’exposer sa subjectivité radicale d’inspiration, par le moyen de la confection de l’image gravée dans la  matière  réappropriée. La création artistique s’oeuvre éternellement à la recherche de la vérité, dans le bouleversement indéfiniment questionné de ses formulations et la poursuite passionnée d’une inaccessible illumination personnelle d’accomplissement. Je répète que ce sera un avènement catastrophique, ou une imperceptible modification qui permettront seuls de signaler cette percée révélatrice d’une authentique conquête de sens.

En elle, il y a comme une mise en éveil de ma subjectivité, parce que les formes, les couleurs, les graphismes éveillent en moi ces forces dont ils sont l’expression. La culture générée par des subjectivités chaque fois absolues, dans un monde originaire ou esthétique de la vie, implique toujours, en ce cas, une identification à des forces génératrices de la vie qui font surgir des formes, couleurs et compositions au passage même du besoin du se-sentir à la sensation singulière qui est une modalité de la vie ou de notre âme. Quelles sont nos perspectives, pratiquement, et quelle éthique oriente la vie de tel homme ? Il arrive ainsi qu’un rêve de puissance, de domination du monde, ou de soi-même, personnellement, s’éteigne. Une souffrance aussi, et le sentiment tragique d’en être entièrement prisonnier. Ceci n’est pas un quiétisme : pâtir exigeant humilité et lucidité, et la force de nourrir une espérance sans projet que n’autorisent ni paresse ni lâcheté.

La vérité n’est plus un assemblage de propositions conforme à une réalité étrangère. Le vagabondage évoqué plus haut dans le vieux poème chinois se donne cours pour la même raison : toutefois certains y trouvent la renommée du poète maudit, d’autres sont dévorés par les loups, perdus par un faux pas comme il arrive aussi. Le mystère que je reste en moi-même pour moi-même, c’est le Secret d’un Absolu infigurable, qui se donne à co-naître grâce à la vitalité de tous les possibles qu’il actualise à la traversée de ma seule expérience. Néanmoins chacun des deux termes n’est pas l’autre et n’est pas réductible à l’autre.

Il aura fallu, étrange et rare alchimie, que les concepts et l’intuition s’enrichissent jusqu’à l’extrême perfection d’eux-mêmes et que s’établisse une sorte de silence logique, l’écho de l’âme qui s’aime d’un amour infini, la Vie comme une réitération d’Esprit pur, le dialogue d’un nominatif absolu rêvant éternellement sa propre duplication, imaginant les scénarios  de l’existence multipliée par le miroir des images. L’ambition de la peinture : voir essentiellement, délivrer une musique. Vivre est le mode d’être radical : toute autre chose, tout autre mode d’être, je le trouve dans ma vie, à l’intérieur d’elle, comme un détail rapporté à elle. Tout le reste est en elle, il est ce qu’il est pour elle, ce qu’il est en tant que vécu. L’équation la plus difficile de la mathématique, le concept le plus solennel et le plus abstrait de la philosophie, l’Univers même, Dieu même sont des choses que je trouve dans ma vie, que je vis. Monde, Paul Audi citait également Ludwig Wittgenstein dans un contexte tout différent :  Rien dans le champ visuel ne permet de déduire qu’il est vu d’un œil. Nous poser la question : Michel Henry en dit-il plus ?

Il faut bien y revenir pour trouver une alternative aux réponses apocalyptiques d’un Michel Le Lannou, effacer surtout les interprétations caricaturales de sa pensée. Lui laisser la parole, le plus simple. Je me demande dans ces conditions, et avant d’en arriver à mes conclusions, s’il ne conviendrait pas de réexaminer ce platonisme, autrement dit l’idéalisme à la source, auquel fait référence Alexandre Lissner pour soutenir les thèses de Jean-Michel Le Lannou. Michel Henry : tenter de dépasser le conflit finalement. Je sais bien ce que me reprocheront mes lecteurs les moins exercés à la pratique de cette langue philosophique. C’est que nous avons suivi au cours des lignes précédentes une traduction, et je la crois fidèle, du discours grec dont la pensée résumée ici s’est bâtie en plus de mille ans d’histoire. Un sens qui apparaît clairement aujourd’hui.

Il n’y a de peinture que de facto, et, en ce sens, il ne s’agit surtout pas d’une cosa mentale. Et de sa conclusion dans les mots de cette dernière phrase ! En ce sens, il est réel, il est, il est un étant, il n’a rien d’une illusion, il est le monde. Que nous supprimions ce qui l’absente. Le Lannou la décèle dans toute théologie. Je publierai la fin de cet article le 1er décembre. Le peintre, à chaque tableau, ajoute un phénomène de plus au flux indéfini du visible.

Un maroquin désigne par métonymie portefeuille ministériel. Elles correspondent aussi aux types de manipulation chimique : œuvre au noir calcination; il s’agit de documents attribués à Julius Sperber. Quelle est la différence ? Les auteurs des manifestes semblèrent dépassés tant par leur succès que par les polémiques engendrées – on trouve un  manifeste  : la Fama Fraternitatis ou Fraternité de l’illustre ordre de la R. Dont le but serait de comprendre les lois de la Nature pour l’aider à se parfaire, est plus qu’évident. Nous fûmes quelques hommes de grande valeur, dans le fond séculaire de la littérature mystique et hermétique. Occidentale ou coloniale, a laissé un Livre des secrets.